[L1-J25] Montpellier – Nancy (1-0)
Hé bien ! Il commence bien mal ce match… Entouré de quatre policiers, mon gamin sur les genoux, me voilà embarqué dans un fourgon de police.
Mais pour quelle raison je me retrouve dans cette situation ? Ne vous méprenez pas ! Je ne suis pas un adepte des fights. Aucune provocation envers les supporters montpelliérains depuis notre arrivée dans la capitale régionale, tout juste mon écharpe rouge et blanche autour du cou. Même si je ne bois pas souvent de l’alcool, ce n’est pas ma 1664 bu devant l’entrée du parcage qui m’a mis en état de d’ébriété avancé. Aucune torche allumée, si ce n’est mon rythme soutenu de fumeur de Winston…
En fait, seul, l’immatriculation de la voiture en 66 et mon désir d’encourager l’ASNL m’a rendu suspect aux yeux des hommes de lois. Une fois embarqué, première question : « Comment ce fait-il que vous êtes du 66 et que vous supportez Nancy ? » Ma réponse fut rapide : « J’aime le foot, et Nancy est une équipe qui pratique un très beau jeu. » Sur leur visage des rictus moqueurs commencèrent à se dessiner, et furent vite remplacés par des traits plus tendus et sévères. Voulant appuyer mes propos, je leur lance : « Il y a quinze jours, je les ai vus jouer au Vélodrome, et ils ont ridiculisé l’OM ! » Alors là, ils n’ont pu se retenir et, d’un même élan, éclatèrent de rire : « Vous nous dîtes que vous aimez le foot, et vous pensez réellement que faire un bon match dans la citée phocéenne est un exploit ! Mais Marseille cela fait des années que cela ne vaut plus rien. Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais cet après-midi, ils n’ont réussi à prendre l’avantage sur Valenciennes qu’à la 94ième minute après un match laborieux ! » Merde ! Moi qui croyais pouvoir m’en sortir facilement, je me sens maintenant mal barré… Une seule raison pouvait les convaincre de mon innocence : « Laissez moi voir le match et vous verrez à la fin de celui-ci, contre votre équipe championne de France en titre, que mes favoris pratiquent, malgré leur classement, un très bon football. » Pas trop convaincus, mais plutôt amusés par mes propos, ils décidèrent de nous relâcher, aux pieds des tribunes, avec les Nancéiens ayant fait le voyage, en me soufflant doucement dans mon oreille : « A tout à l’heure ! »
Zut ! C’est bientôt le terme de la rencontre. L’ASNL perd 1 à 0 sur un terrain qui ferait jalouser les grands organisateurs du championnat du monde de beach-soccer de la Grande-Motte. Oh ce n’est pas une déroute. L’équipe n’a pas souvent été mis en danger par les Héraultais, qui n’ont pas eu plus de deux grosses occasions, mis à part le but, sur une phase de jeu digne des grandes heures de notre vénéré Corréa. Mais où est passé mon Nancy du Vélodrome ? Qu’est-il advenu de son jeu posé et inspiré ? Comment peut on se retrouver à attendre, tels des sprinteurs dans leurs starting-blocks, qu’un ballon venant de trente mètres plus loin prennent à défaut la défense locale ? Oui, je sais, il y en a qui se sont fait avoir avec ce genre de ballon. Même Lossemy se retrouvait le plus souvent dans cette position, lui qui devrait, justement, être le pourvoyeur de ces fameux ballons qu’affectionne Paul ! Comment aucun joueur n’ait pu faire la différence sur le côté pour délivrer un véritable centre ? Pourquoi les joueurs n’ont pas réussi ou voulu proposer des solutions courtes aux porteurs de balles ? Romain est-il déjà irremplaçable et est-il le seul membre de ce groupe à pouvoir faire la différence sur une passe ? Seul, Damien m’a paru au dessus du lot dans sa prestation, et, surtout, dans sa volonté de transmettre un ballon dans de bonne condition à ses partenaires, lui le gardien. Non, l’ASNL n’a pas été ridicule ce soir mais elle n’a pas non plus été convaincante.
Voilà nous sommes toujours dernier et je crois, malheureusement, que mes preneurs d’otages avaient raison. Nancy a été brillant à Marseille, plus par la faiblesse de l’OM que par sa qualité de jeu. Que seul un véritable Nancéien peut être supporter de l’équipe au chardon. Bon maintenant il va falloir que je me la joue discret pour retourner à la voiture, avant d’être embarqué au poste, et de nouveau subir un interrogatoire sur le pourquoi de ma présence au milieu de la trentaine de courageux ayant fait le déplacement. Allez l’espoir fait vivre, j’en ai encore alors allez l’ASNL ! Ne lâchez rien !
Le Catalan qui a été heureux de retrouver Maud, Karine, Travis, Lucas, Joss, Minus et pour quelques instant Flocon
BY LE CATALAN